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Le développement du réseau

En l’absence de « bouclage » de son réseau régional à très haute tension, la région PACA est plus exposée que les autres régions de Franceà un incident électrique de grande ampleur. La réunion du 1er décembre 2008 au Ministère de l’Environnement, de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire est venue clore les réflexions initiées depuis l’arrêt de la ligne Boutre Broc Carros. La solution de renforcement décidée à partir du réseau 225 000 volts s’appuie sur les récentes évolutions du paysage électrique régional.

- la rechercherche d’un bouclage du réseau
- Un paysage électrique en pleine mutation
- le scénario retenu : une approche globale

La recherche d’un bouclage du réseau régional

Le réseau électrique en région PACA n’est pas « bouclé » : en cas d’avarie grave sur la ligne à très haute tension qui dessert successivement les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes, RTE ne dispose pas de suffisamment d’itinéraires de contournement pour l’électricité (voir la continuité de service). La région est donc plus particulièrement exposée au risque de coupure d’électricité de grande ampleur que les autres régions de France.

Le projet de ligne à très haute tension entre les postes électriques de Boutre (Manosque) et Broc Carros (Nice) avait pour objectif de réaliser le bouclage du réseau électrique régional. Le projet avait été défini à l’issue d’un grand débat public. Plutôt que d’emprunter un tracé en site vierge, la nouvelle ligne devait se substituer à deux lignes électriques existantes de tension inférieure, qui cheminent en parallèle dans le Parc naturel régional du Verdon. En 2006, le Conseil d’Etat a annulé la déclaration d’utilité publique accordée par l’Etat à ce projet. Il a notamment considéré que la superposition des nombreuses protections environnementales existantes sur le tracé projeté s’opposait à la réalisation de la nouvelle ligne, quand bien même deux lignes existantes étaient simultanément supprimées.

Pour autant, le Conseil d’Etat n’a pas contesté la situation de fragilité de l’alimentation électrique régionale. Conformément aux termes de sa mission de service public, RTE a donc poursuivi la recherche de solutions de renforcement du réseau électrique régional.

Un paysage électrique en pleine mutation

De nouvelles propositions ont être élaborées, en tirant toutes les leçons de l’annulation du projet Boutre - Broc Carros. Elles tiennent compte des évolutions prévisibles ou déjà amorcées du paysage électrique régional :
- d’une part, la poursuite de la tendance observée depuis quelques années de ralentissement de la croissance de la consommation d’électricité (voir les actions sur la consommation). Ce mouvement est notamment lié au renforcement des politiques de maîtrise de la demande d’électricité.
- d’autre part, les projets d’installation en région PACA de nouvelles centrales de production d’électricité (voir le développement de la production). Ce développement est spectaculaire et bien engagé dans l’ouest de la région puisque 3000 MW de nouvelles capacités pourraient s’installer d’ici 10 ans dans la seule zone industrielle de Fos-Lavéra. Ce moubement de développement est, pour l’instant, beaucoup plus limité dans l’Est de la PACA.

Si ces évolutions ne remettent pas en cause la justification d’un renforcement du réseau régional, elles appellent une approche plus large de la question de la sécurisation électrique de la région PACA, associant pouvoirs publics et acteurs du marché de l’électricité. Il s’agit de cerner au mieux les décisions d’investissement dans la production prises par les nouveaux acteurs, les impacts attendus des politiques publiques de maîtrise de la demande en électricité… D’autre part, le développement important de la production à Fos contribue à sécuriser tout l’ouest de la PACA. La zone restant à sécuriser se réduit désormais aux seuls départements du Var et des Alpes Maritimes.

Le scénario retenu : une approche globale associant renforcement de réseaux 225 000 volts, développement de la production dans l’Est PACA, sobriété énergétique

Un groupe de travail a été constitué par les pouvoirs publics début 2008 pour explorer l’ensemble des solutions les plus adaptées permettant de sécuriser électriquement l’est de la région PACA. Il devait rendre ses premières conclusions début 2009 mais la panne électrique du 3 novembre 2008, qui a privé d’électricité les 1,5 million de foyers du Var et des Alpes Maritimes, a accéléré les décisions.

La réunion de travail qui s’est tenue le 1er décembre 2008 au Minsitère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, a permis de dégager une solution électrique durable pour l’Est PACA, s’appuyant deux volets indissociables :

- un programme ambitieux d’économies d’énergies et de développement d’énergies renouvelables. Les conseils généraux du Var et des Alpes Maritimes ont convenu de mettre en oeuvre ce programme selon les orientations du Grenelle Environnement. La Principauté de Monaco a également fait part de sa volonté d’être intégré à ce programme.

- la réalisation de 3 nouvelles lignes 225 000 volts souterraines, pour constituer un filet de sécurité et disposer ainsi de suffisamment d’itinéraires "bis" pour acheminer l’électricité en toutes circonstances, même en cas d’incident sur la principale artère 400 000 volts. Ces 3 infrastructures sont :

  • une ligne entre Manosque et Trans en Provence de 70 km.
  • une ligne entre Fréjus et le poste électrique de Biançon (Tanneron) dans le Var, de 25 km
  • une ligne entre Biançon et Cannes de 15 km.

Le cout de ces réalisations est estimé à 250 millions d’euros. L’échéance de mise en service est fixée à 2015. Ce nouveau renforcement complète celui en cours qui consiste à augmenter la capacité de transit de la ligne existante 400 000 volts entre Toulon et Nice.